Hersant : au tour de La Provence et Nice-Matin d'être menacés ? (source erwanngaucher.com)

Publié le par CGT Voix du Nord

Après Paris-Normadie, l'Union et tous les autres, c'est au tour de La Provence et Nice-Matin de se sentir en danger. Les comptes seraient dans le rouge et leur valeur a chuté de moitié depuis le rachat par le groupe Hersant...

L'effet domino. C'est ce que redoutent, sans le dire, tous ceux qui travaillent encore dans les journaux du groupe Hersant. Les uns après les autres, les titres de l'ancien empire semblent touchés. Cette fois, les mauvaises nouvelles concernent le groupe La Provence.

Pendant longtemps considéré comme l'une des cash machines du groupe Hersant, régulièrement présenté comme l'un des quotidiens régionaux les plus rentables de France, générant encore en 2008 près de 8 millions d'euros d'excédent brut d'exploitation pour un chiffre d'affaire de 80 millions d'euros, La Provence et Nice Matin vont mal. De l'aveu même de son président, qui est également le directeur général du groupe Hersant. " En consolidant les résultats du groupe de presse et sa régie Eurosud, en perte depuis plusieurs années, nous sommes dans le rouge" expliquait-il la semaine dernière, lors d'un comité d'entreprise.

La situation est certes moins catastrophique que pour Paris-Normandie ou pour les quotidiens du pôle Champagne-Ardenne, mais il a de quoi inquiéter. Entre 2006 et 2011, La Provence a perdu près de 16% de sa diffusion, passant de 153 257 à 129 874 exemplaires payés chaque jour. Pour Nice-Matin, la chute est de 12%, et pour la première fois, le quotidien risque de passer sous la barre des 100 000 exemplaires. Pendant ce temps, les recettes publicitaires n'ont cessé de chuter.

Le scénario est quasiment le même que pour l'Union et les journaux de Champagne-Ardenne. En 2007, alors que la chute des ventes était largement amorcé et que la pub s'apprêtait à plonger, La Provence décidait d'investir massivement dans une nouvelle rotative afin de passer en format berlinois. Coût de l'opération : 31 millions d'euros, dont 25 millions d'euros pour l'achat de deux rotatives triple laize allemande permettant de tirer 90 000 exemplaires par heure. Un chiffre auquel il faut ajouter les 2 millions d'euros de travaux nécessaires pour réaménager les bâtiments du siège marseillais, pour qu'il puisse accueillir les nouvelles rotatives...

La même année, seulement, La Provence lançait son site internet en recrutant cinq journalistes et un informaticien.

Deux ans plus tard, en 2009, la direction donnait son feu vert à l'achat de trois nouvelles rotatives pour Nice-Matin cette fois, qui deront inaugurés par Christian Estrosi en septembre 2011.

Des investissement pour lesquels La Provence et Nice Matin recevront d'ailleurs chacun 2 745 000€ d'aides du Fonds de modernisation, comme le montrent les documents révélés par Owni en 2008.

Essayant de répondre aux inquiétudes des délégués du personnel lors du comité d'entreprise de la semaine dernière, Dominique Bernard a confirmé que La Provence et Nice-Matin ont perdu la moitié de leur valeur depuis leur rachat par le groupe Hersant Média. Selon sa propre estimation, celle-ci se siterait aux alentours de 80 millions d'euros. Le montant du rachat avait été de 160 millions d'euros...