Faire revenir les patrons à la réalité sur les salaires

Publié le par CGT Voix du Nord

Le SPQR, en pleine négation de la réalité sociale des entreprises de la branche, confirme son refus de maintien des salaires réels

La FILPAC CGT, avec les autres de l’intersyndicale, ont voulu utiliser la date du 3 mars, initialement prévue pour une séance de négociation GPEC, pour tenter de relancer la négociation de branche sur les salaires après l’échec de la réunion du 15 février et la grève du 18 février.

Contrairement à la dernière fois où il avait reçu, seul, les délégations syndicales, le président du SPQR était entouré de MM. KLING (Ouest France), BERNARDI (SPQR), de la TULLAYE (Centre-France), RABY (Charente Libre) et BONNEFOY (Télégramme).

La réunion a débuté par l’intervention de la FILPAC-CGT sur la situation sans précédent créée par le président du Crédit Mutuel au Républicain Lorrain. Fou de rage, dans ce qu’il considère certainement comme son jardin personnel, Michel LUCAS a constaté que « ses » salariés se sont mis en grève, le 18 février, comme la grande majorité de ceux de la PQR et de la PQD ce jour là. Cerise sur le gâteau, selon nos informations, plus de 80 % des journalistes de ce titre étaient aussi en grève… Alors pour se venger, ce champion de la démocratie, ce « grand patron », ce banquier, décide d’annoncer tout de go la vente du Républicain Lorrain, un peu comme on se débarrasse de ses actions dans le milieu de la finance. S’ajoutent à cela les pressions, attaques et autres menaces envers des militants syndicaux de divers titres de presse du Crédit Mutuel (FILPAC et SNJ notamment). Du jamais vu dans le milieu de la presse. Cette situation a été dénoncée tour à tour par l’ensemble des organisations syndicales avec l’objectif de faire se prononcer le SPQR, via son représentant le plus éminent en la personne de son président.

Le Crédit Mutuel, cheval de Troie du SPQR ?

Eh bien, pour ceux qui en doutaient, les choses sont désormais très claires : le Crédit Mutuel et le SPQR, même combat. Non seulement Jean Viansson Ponte ne condamne pas les pratiques de son adhérent mais il lui trouve même des excuses. A son avis, ce qui se passe au Républicain Lorrain ne fait que confirmer la justesse de l’analyse du SPQR exposée lors des précédentes rencontres sur la situation hétérogène des titres de presse. Ainsi, le « méchant » et infréquentable Crédit Mutuel de ces derniers mois est devenu le fer de lance des patrons de la PQR/PQD. Tout juste le président du SPQR a-t-il évoqué la constitutionnalité du droit de grève, voulant au passage faire croire que le patron du Crédit Mutuel est du genre incontrôlable.

Le prix de l’abandon de l’accord de branche

Sauf qu’on a tous bien compris que bouffer du syndicaliste ou du gréviste rend à l’évidence plus sympathique « la banque à qui parler » aux yeux du SPQR. Surtout que la suite de la réunion a malheureusement confirmé la position intransigeante du SPQR. Droit dans ses bottes, Jean Viansson Ponte répète inlassablement qu’il n’a pas d’autre mandat du Conseil d’administration du SPQR, unanime, que celui de faire porter les augmentations de salaires sur les minima. Il est en cela soutenu par sa délégation qui compte dans ses rangs des représentants de titres qui proposent de négocier localement sur les salaires réels, tant le rattrapage 2010 que le calendrier 2011.

A ce propos, dans ce domaine le pompon revient encore au Crédit mutuel qui, dans deux de ses titres, propose d’augmenter les salaires de 4 % et… sur les salaires réels.

Que ne sont-ils pas prêts à « lâcher » localement en 2011 pour casser cet accord de branche ? Cela a au moins le mérite de donner raison à notre analyse de la situation : il ne s’agit absolument pas d’un problème économique mais d’une posture politique qui veut inscrire la presse dans la logique actuelle de ceux qui veulent baisser le « coût » du travail.

Cette logique passe d’abord par la fin de la négociation salariale de branche et serait suivie par de pseudo- négociations locales où chacun tenterait de tirer son épingle du jeu, pour, au final, perdre toute possibilité d’action sur les salaires, l’emploi et les conventions collectives.

Le principe de l’augmentation des salaires réels

En toute fin de réunion, après concertation, les organisations syndicales ont proposé une nouvelle date de réunion, sans évaluer la revendication, avec l’objectif de maintenir le principe de l’augmentation sur les salaires réels. Refus immédiat du SPQR.

A l’évidence, le conseil d’administration du SPQR n’a pas tiré les enseignements de la grève du 18 février pourtant particulièrement suivie. Ils nous le jouent « même pas mal ». A nous maintenant de les faire changer d’avis.

Les organisations syndicales devraient, dès le 4 mars, publier une déclaration commune et se rencontrer prochainement pour se mettre d’accord sur la suite du programme des réjouissances.

Pour la FILPAC, une réunion téléphonée va être organisée avec l’ensemble des délégués des équipes de presse (date et heure à venir).

Publié dans Tous collèges

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