Appel à François Hollande pour des négociations réelles et sérieuses dans le groupe Hersant

Publié le par CGT Voix du Nord

Monsieur le Président,

Nous avons fait en sorte que « Paris Normandie survive à Sarkozy ». Tel était notre mot d’ordre, qui couvrait tant Paris Normandie que la presse havraise. Et plus généralement les titres et sociétés du groupe Hersant, L’Union et les titres du pôle Champagne Ardennes Picardie, Nice Matin et la Provence.

Nous avons réussi. Momentanément !

Nous ? Nous les syndicalistes, dans l’unité SNJ - Filpac CGT notamment, nous les salariés de toutes les catégories… Nous avons uni nos efforts pour contrer un dirigeant de groupe qui préfère les revenus en francs suisses engrangés par sa maison d’édition helvétique à la continuation du grand œuvre de développement de la presse régionale d’information générale en France.

Philippe Hersant, puisqu’il faut l’appeler par son nom, exerce de manière exorbitante son droit de propriété sur un groupe qu’il mène à la catastrophe. Hier, il battait le record national de licenciements, 2 200 en une seule fois, se débarrassant de la Comareg et de PubliPrint, parce que son aventure dans les gratuits publicitaires tournait court.

Et maintenant, de Tahiti à Nouméa, de Reims à Rouen, en passant par Le Havre, Fécamp, Nice et Marseille, le voilà bradant des journaux parfaitement viables, de façon qu’il échappe à ses créanciers et qu’il réalise son opération de vente sans bourse déliée.

Ce serait à nous, salariés qui avons maintenu à bout de bras les titres, de payer de nos emplois et de nos journaux les aventures helvétiques d’un héritier indigne de cette belle profession qu’est l’information.

Nous avons accepté, sous l’égide du ministère du Travail, d’entrer en négociations avec un repreneur a priori sérieux, le groupe Rossel-La Voix du Nord, qui, ce 9 mai, se proposait d’exposer son plan de reprise devant tous les syndicats, invité qu’il était par le groupe Hersant.

Las, l’affaire semble tourner cours, du fait de l’entêtement du groupe Hersant à ne parler que de licenciements massifs :

113 à Paris Normandie et Presse Havraise ;

270 à L’Union et en Champagne Ardennes Picardie.

Le tout avant de connaître le sort réservé à Nice Matin et à La Provence.

De plus, fait inédit dans la presse, Philippe Hersant a pris soin de déposer le bilan du pôle normand, dans l’attente d’une issue qui soit favorable à la couverture de ses dettes par la décision d’un tribunal de commerce du Havre, qui devrait se prononcer le 21 juin. Tribunal dont nous doutons de la compétence en matière d’information.

Nous nous adressons à vous pour que vous bloquiez les licenciements massifs qui nous menacent, pour que les titres soient mis hors de portée de manœuvres financières douteuses, pour qu’une négociation réelle et sérieuse se tienne entre Hersant, le repreneur Rossel et les syndicats dans les délais les meilleurs sous l’égide du gouvernement.

Des assemblées vont se tenir dans tous les titres de presse en région, car nous sommes tenus par le peu de sérieux et la brutalité du groupe Hersant de recourir à la mobilisation.

Nous espérons compter sur votre prompte action pour sauver les journaux, l’information qu’ils véhiculent et nos emplois qui y sont consacrés.

Recevez, Monsieur  le Président, l’expression de notre détermination sans faille dans l’attente ardemment souhaitée de votre intervention. 

 

Lettre: A Monsieur François Hollande

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