Politique salariale : le paritarisme au niveau zéro ?

Publié le par CGT Voix du Nord


Hier, 8 décembre 2008, le Syndicat de la presse quotidienne nationale réunissait les organisations syndicales de la profession pour négocier le dernier palier de la politique salariale de 2008. Le Comité Inter CGT, attaché au maintien du respect des indices, revendiquait pour l’année 2008 une augmentation de 1,5 %, différentiel constaté entre le 1,2 % obtenu dans le courant 2008 et l’inflation (octobre 2007/octobre 2008) s’établissant à 2,7 % selon l’indice INSEE.

Sur cette revendication portée de manière unanime par l’ensemble des organisations syndicales, la réponse des éditeurs fut édifiante : « La situation catastrophique des entreprises de PQN, touchées par la tourmente de la crise économique mondiale conjuguée à la hausse du prix du papier et à la baisse importante des recettes de publicité, conduit l’ensemble des éditeurs à ne pas répondre favorablement à votre revendication et à n’accorder aucune augmentation pour le dernier palier. La négociation n’est pas rompue, mais suspendue jusqu’au 1er semestre 2009 afin d’analyser l’évolution de la crise économique et ses conséquences au niveau de notre profession. »
Si l’ensemble des parties a reconnu les difficultés que rencontre le secteur de la presse quotidienne nationale actuellement, il n’en demeure pas moins que cette baisse du pouvoir d’achat – sans compensation d’aucune sorte – est un nouveau coup rude porté par les éditeurs aux salariés de la profession. Faut‐il encore le marteler, les salariés ne sont pas responsables de cette crise financière et sont, comme d’habitude, les premiers à subir les  conséquences d’une dérive scandaleuse d’un système économique régulé par la seule loi des spéculateurs.

Cette réponse liminaire et sans appel des éditeurs pose de graves questions : le SPQN s’engage‐t‐il sur la voie d’une dénonciation des règles du paritarisme ? L’application minimale du respect des indices est‐elle remise en cause ? La politique régionale régulant le cadre social de la profession devient‐elle caduque ? En d’autres termes, les éditeurs ont‐ils décidé, hier, d’assumer une totale rupture du dialogue social ?
A ces questions fondamentales, les éditeurs ont réaffirmé leur attachement aux règles du
paritarisme, au respect de la politique régionale et indiciaire.
A ce titre le président du SPQN s’est engagé pour que s’ouvrent sans délai les négociations
suivantes :

  • Prise en compte de nouvelles qualifications
  • Définition des nouvelles organisations de travail
  • Discussion sur les nouveaux modes de rémunération

Sur ces dossiers d’importance, des signes forts doivent être perçus très rapidement. Le Comité Inter CGT exige que les éditeurs s’engagent sans réserve sur l’ensemble de ces négociations en définissant paritairement un calendrier précis de réunions se concrétisant par des accords et une mise en oeuvre rapide des mesures adoptées.
Depuis de trop nombreux mois, les éditeurs expriment leur empressement d’aboutir à une solution par l’unique prisme de plans sociaux, de départs volontaires ou de remises en cause d’acquis sociaux.

Cette politique n’a que trop duré !

Messieurs les éditeurs, si une nouvelle fois ces engagements n’étaient pas suivis d’effet, l’embrasement de la profession deviendrait au même titre que la crise une réalité !

Paris, le 9 décembre 2008

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